"Si Israël sombre, nous sombrons tous."

Publié le par Jeunes femmes insolentes

Monsieur Aznar, l'ancien Premier minsitre espagnol a écrit une tribune il y a quelques semaines qui n'a été relayée nulle part en France, sauf quelques sites spécialisés et partisans. Pourtant il s'agit d'un point de vue intéressant d'un homme politique d'envergure. A-t-il été censuré?

L'article original a été publié dans le Times de Londres sous le titre: "José Maria Aznar: If Israel goes down, we all go down."

Voici la version française trouvée sur le site France-Israël:

 

 

Si Israël sombre, nous sombrons tous.

 

Cela fait trop longtemps maintenant qu’il est passé de mode d’élever la voix en faveur d’Israël. A la suite du récent incident à bord d’un navire rempli d’activistes anti-Israéliens en Méditerranée, il est difficile d’imaginer une cause plus impopulaire à défendre.

 

Dans un monde idéal, l’assaut des commandos israéliens contre le Mavi Marmara ne se serait pas soldé par la mort de neuf personnes et une vingtaine de blessés. Dans un monde idéal, les soldats auraient été reçus pacifiquement sur le bateau. Dans un monde idéal, aucun Etat – à part un récent allié d’Israël comme la Turquie – n’aurait sponsorisé et organisé une flottille dont le seul but était de mettre Israël dans une situation impossible qui l’obligeait à choisir entre l’abandon de sa politique de sécurité et du blocus naval, et le risque de subir la colère du monde.

Dans nos rapports avec Israël nous devons dissiper les brumes sanglantes de la colère qui obscurcissent trop souvent notre jugement. Une approche raisonnable et équilibrée devrait inclure les réalités suivantes.

Premièrement, l’Etat d’Israël a été créé par une décision de l’ONU. Par conséquent, sa légitimité ne devrait pas être mise en question. Israël est une nation aux institutions démocratiques profondément enracinées. C’est une société dynamique et ouverte qui a maintes fois excellé en matière de culture, de science et de technologie.

Deuxièmement, du fait de ses racines, de son histoire et de ses valeurs, Israël est une véritable nation occidentale. En vérité, c’est une nation occidentale normale, mais elle est confrontée à des circonstances anormales.

Cas unique en Occident, c’est la seule démocratie dont l’existence a été contestée depuis sa création. En premier lieu, elle a été attaquée par ses voisins qui utilisaient des armes de guerre conventionnelles. Puis, elle a dû affronter le terrorisme qui a culminé en attentats-suicide, vague après vague. Aujourd’hui, à l'instigation des islamistes radicaux et de leurs sympathisants, elle est confrontée à une campagne de délégitimation par le droit international et la diplomatie.

Soixante-deux ans après sa création, Israël lutte encore pour sa survie même. Puni par des missiles pleuvant du nord et du sud, menacé de destruction par un Iran qui veut s’équiper d’armes nucléaires, et soumis aux pressions d’amis et d’ennemis, Israël, semble-t-il, n’aura jamais un moment de paix.

Durant des années, l’attention occidentale s’est focalisée, comme c’est compréhensible, sur le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Mais si Israël est en danger aujourd’hui et si toute la région glisse vers un avenir problématique et inquiétant, ce n’est pas dû au fait que les deux parties ne comprennent pas ce qu’il faut faire pour résoudre ce conflit. Les paramètres de tout accord de paix éventuel sont clairs, si difficile qu’il puisse apparaître aux deux parties de faire l’effort final en vue d’une solution.

Cependant, les véritables menaces pour la stabilité régionale doivent être trouvées dans la montée d’un extrémisme islamiste qui considère la destruction d’Israël comme l’accomplissement de son destin religieux, et simultanément, dans le cas de l’Iran, comme l’expression de ses ambitions d’hégémonie régionale. Ces deux phénomènes constituent des menaces qui n’affectent pas seulement Israël mais aussi, plus largement, l’Occident et le monde dans son ensemble.

Le fond du problème réside dans la manière, ambiguë et souvent erronée, dont les pays occidentaux réagissent aujourd’hui à cette situation. Il est facile de rendre Israël responsable de tous les maux du Moyen-Orient. Certains même agissent et parlent comme si l’on pouvait parvenir à une nouvelle entente avec le monde musulman pour peu que nous soyons prêts à sacrifier l’Etat juif sur cet autel. Ce serait une folie.

Israël est notre première ligne de défense dans une région pleine de turbulences et qui risque sans cesse de sombrer dans le chaos ; une région vitale pour notre sécurité énergétique, du fait de notre extrême dépendance du pétrole du Moyen-Orient ; une région qui constitue la ligne de front dans la lutte contre l’extrémisme. Si Israël tombe, nous tombons tous. Défendre le droit d’Israël à exister en paix dans des frontières sûres, requiert un degré de lucidité morale et stratégique qui, trop souvent, semble avoir disparu en Europe. Les Etats-Unis montrent des signes inquiétants de ce qu’ils prennent la même direction.

L’Occident traverse une période de confusion à propos de la forme que prendra l’avenir du monde. Dans une grande mesure, cette confusion est causée par une sorte de manque de confiance personnelle, de nature masochiste, à propos de notre identité ; par la tyrannie du politiquement correct ; par un multiculturalisme qui nous oblige à nous mettre à genoux devant d'autres ; et par une laïcité qui, ironie des ironies, nous aveugle même lorsque nous sommes confrontés à des djihadistes qui fomentent la plus fanatique incarnation de leur foi. Abandonner Israël à son sort, en ce moment crucial, ne ferait que servir à illustrer à quelle profondeur nous avons sombré et combien notre déclin apparaît maintenant comme inexorable.

On ne peut laisser cela se produire. Motivé par la nécessité de reconstruire nos valeurs occidentales, d’exprimer ma profonde inquiétude de la vague d’agression contre Israël et pleinement conscient que la force d’Israël est notre force et que sa faiblesse est notre faiblesse, j’ai décidé de promouvoir une nouvelle initiative d’Amis d’Israël, avec l’aide de quelques personnalités éminentes, dont David Trimble, Andrew Roberts, John Bolton, Alejandro Toledo (ancien président du Pérou), Marcello Pera (philosophe et ancien Président du Sénat italien), le financier, Robert Agostinelli, et l’intellectuel catholique, George Weigel.

Nous avons l’intention de défendre toute politique spécifique ou tout gouvernement israéliens. Les sponsors de cette initiative sont certains qu’ils divergeront parfois à propos des décisions prises par Jérusalem. Nous sommes des démocrates et nous croyons à la diversité.

Ce qui nous lie, toutefois, c'est notre soutien inébranlable au droit d’Israël à exister et à se défendre. Que des pays occidentaux prennent le parti de ceux qui contestent la légitimité d’Israël, qu’ils jouent, dans les instances internationales, avec des questions vitales pour la sécurité d’Israël, qu’ils cèdent à ceux qui s'opposent aux valeurs occidentales plutôt que de prendre vigoureusement la défense de ces valeurs, ce n'est pas seulement une grave erreur morale, mais une erreur stratégique de grande magnitude.

Israël est un élément fondamental de l’Occident. L’Occident est ce qu’il est grâce à ses racines judéo-chrétiennes. Si l’élément juif de ces racines est renversé et qu’Israël est perdu, alors nous sommes perdus, nous aussi. Que nous le voulions ou non, nos destins sont inextricablement liés.


José Maria Aznar,  Premier ministre d’Espagne entre 1996 et 2004.
Traduit par Menahem Macina (juin 2010)

 

Kahazara  

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Tis 08/08/2010 20:10



C'est bien, si on met çà en corrélation avec les déclarations de Paul Wolfowitz et autres révérends Falwell, on pourra arriver à avoir jusqu'en Europe, une bande de bons chrétiens conservateurs
qui souhaiteront développer du "sionisme chrétien" (la création de l'Etat d'Israël est une réalisation d'une prophétie biblique et annonce le retour de Jésus sur Terre).


Qu'une partie de la droite américaine, fondamentaliste et proche de Bush, ait colporté ce discours a permis l'existence de jolies expression ("axe du mal", etc.) et un sacré soutien à l'Etat
d'Israël ne tenant pas toujours compte de Camp David. Et l'on souhaiterait désormais répandre ce discours en Europe ? Soyons sérieux, l'eschatologie a ses limites.


 



Kahazara 08/08/2010 23:12



Ohla minute papillon


on est très loin de l'apocalypse et du retour de Jésus. 


Il est seulement question de géopolitique, purement et simplement Tis, c'est un échiquier on place ses pions, on vise le point sur-élevé au centre, on maintient coute que coute ses bases
avancées.


A ce niveau là que Israël soit un état religieux on s'en tape (c'est d'ailleurs une insulte aux états modernes d'ignorer à ce point la laïcité) Mais ce n'est vraiment pas la question, Israël
reste la base avancée de l'occident et l'occident qu'il soit juif ou catholique ou protestant ou orthodoxe, c'est kif kif.


Sans déconner pose ta bible et relis Zun Tsu.


J'envisage sérieusement de mettre une carte sur Med Met avec les états religieux qui ont pour objectif affiché ou à demi-caché d'éradiquer (ou de convertir c'est pareil) l'occident impie. Je te
garantie que c'est flippant. Le XXI ème siècle sera le choc des civilisations (dixit S. Huntington)... soutenir Israël c'est soutenir notre way of life...