Les relations commerciales avec la Terre du milieu

Publié le par Jeunes femmes insolentes

Non, je ne vais pas parler du Seigneur des anneaux… Je parle de la Chine.

(d'ailleurs, Empire du Milieu est une mauvaise traduction m'avait expliqué un chinois francophone, la traduction littérale c'est le Pays du milieu…. allez comprendre pourquoi nous avons choisi le terme Empire? complexe? 

J'ai choisi la "Terre du milieu" dans mon titre juste pour alpaguer les recherches google sur la géographie tolkiennienne, y'a pas de petits profits ;o) )


En ce moment, on parle beaucoup des relations commerciales avec la Chine au niveau européen. Il était temps! 

Etant sensible aux questions de transferts de technologies, de la protection des secrets industriels et plus largement d'intelligence économique (au point d'en avoir fait le thème privilégié de mes études) je crois qu'on a longtemps détourné le regard des pratiques chinoises.

Malgré la virulente défense chinoise de son prétendu respect des règles de l'OMC, il faut constater que ce n'est pas le cas. Elle pille purement et simplement le savoir-faire et la valeur ajoutée industriels des autres au mépris des règles de base de la concurrence et de la propriété intellectuelle.

Il est question de l'obliger à ouvrir son marché si elle souhaite encore profiter du marché européen. Il n'y a pas de raison pour que l'industrie et les échanges commerciaux échappent aux bonnes vieilles règles de réciprocité qui définissent tous rapports internationaux. C'est un préalable qui ne souffre aucune objection. Et j'enjoins nos représentants européens à rester fermes sur ce point. 

 

De toutes façons nous serions mieux lotis sur le long terme si on épurait nos magasins des produits chinois. Certes ils sont moins chers, mais ils sont aussi de très mauvaise qualité, voire dangereux et ils sont la mort de quantité d'activités locales (d'autant plus qu'en européenne convaincue, le local pour moi c'est 27 pays).

Qui a constaté que je prêche une politique protectionniste sans complexe? Un type avec qui j'ai discuté dernièrement, je ne me suis pas fait un ami… 

J'assume. Je préfère qu'on soit un peu moins social et beaucoup plus agressif pour protéger nos industries, quitte à dire à la Chine d'aller se faire voir.

Oui, je saute des étapes. Retournons à nos moutons.

 

La Commission européenne a dénoncé l'impossibilité pour les entreprises européennes de s'installer en Chine (non pas au niveau production -quoique- mais commercialisation) et les obstacles énormes pour faire du business. Grande découverte non? Lafarge, Total, L'oréal, et j'en passe, auraient déjà pu vous le dire il y a 15 ans…

Voilà pourquoi nous sommes terriblement en retard: 

La chambre de commerce étatsunienne a rendu un rapport en juillet dernier suite à la nouvelle politique chinoise "innovation indigène". Ce concept a été lancé en 2006!! Mais c'est en 2010 que les grandes entreprises transnationales en ressentent les effets. 

Cette politique cherche à réduire la dépendance chinoise aux technologies étrangères (comprendre: se mettre sérieusement à la R&D parce que le vol de technologies qu'on pratique depuis 30 ans nous cantonne à la place de manufacture géante). Il suffisait d'une pointe de bon sens pour le voir venir.

La plan consiste à oeuvrer pour le "développement des sciences et technologies à moyen et long terme" dans l'objectif de faire de la Chine un grand centre technologique en 2020 et un leader mondial en 2050. Je n'invente rien, le plan indique: "malgré la taille de notre économie, notre pays n'est pas un pouvoir économique essentiellement à cause de notre faible capacité d'innovation."

Concrètement: partenariats scientifiques, implantations de centres de recherches chinois à l'étranger et amélioration du système de propriété intellectuelle chinois.

 

C'est là que le rapport américain apporte un éclairage très intéressant.

Ce plan serait comme "un plan pour le vol de technologies à une échelle que le monde n'avait jamais connue jusqu'à présent."

Héhé, chassez le naturel, il revient au galop. Sans rire, la Chine pompait les technologies étrangères quand elles essayaient de s'implanter sur leur territoire, au niveau de la production ou au niveau de la commercialisation, avec leur nouvelle politique, voudrait-elle aller fureter directement à la source?

Par le plan, le gouvernement chinois demande explicitement à ses entreprises à l'étranger qui importent des technologies de travailler sur l'assimilation et la re-innovation. Les USA ont estimé que "l'ouverture et la coopération internationale" sont une façade, l'objectif est un "techno-nationalisme". 

Par exemple, les produits étrangers qui arrivent sur le territoire chinois subissent tous (TOUS) des batteries de tests qui retardent leurs introductions sur le marché et révèlent l'intégralité de leur intimité ;o) (processus de conception, nouveaux matériaux etc.)

Egalement, (ce qui est la dénonciation à demi-mot de l'UE) l'accès aux appels d'offres publics sont ouverts aux entreprises étrangères qui développent de nouvelles technologies sur le territoire chinois (comprendre: déposent des brevets chinois, et traduire: obligation aux entreprises étrangères de transférer leurs technologies aux entreprises chinoises en échange d'un accès aux marchés.) 

 

La Chine est un chantier géant, les marchés publics sont du pain béni pour une multitude d'entreprises européennes comme étatsuniennes mais également coréennes, sud-américaines, sauf si on vous dépouille à l'entrée…

Pour certains, la Chine est passée de la défense à l'attaque. Personnellement je ne le vois pas de cette manière, il me semble que sa politique suit un même mouvement, d'une logique à toute épreuve. Dans tous les cas, maintenant c'est à nous de nous défendre! 

 

Kahazara  

 

Publié dans HOMO HOMINI LUPUS

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