Le scénario d'un jeu doit-il être moral?

Publié le par Jeunes femmes insolentes

La sortie du nouveau jeu Medal of honor fait des remous en Grande Bretagne. Certains souhaitaient l'interdiction totale de distribution. La raison est simple: le mode multijoueurs permet de prendre en main des Talibans contre les Anglais en Afghanistan.

Bon, en tant que pays en guerre, j'arrive à comprendre que ça peut coincer un peu. Mais je ne sais pas si ça mérite censure. En tous cas, les contestations n'ont pas l'air de porter bien loin, parce qu'il a seulement été demandé aux distributeurs de refuser de le vendre et apparemment ça ne prend pas.

 

J'avais lu qu'on estime le nombre de jeux (vidéo) violents à hauteur de 24% de l'ensemble de ce qu'on trouve. Désolée, je n'ai pas de lien à fournir, il faudra chercher par vous même ou me croire sur parole. Ca fait beaucoup? Je ne crois pas, il faudrait comparer avec la littérature (entreprise impossible), avec le cinéma (difficile mais réalisable), voire d'autres expressions artistiques… Je suis prête à parier que le ratio est plus fort au cinéma.

Le problème ici n'est pas la violence du jeu, ce n'est pas ce qui est mis en avant: quand les Anglais peuvent faire exploser des Talibans, tout va bien, l'inverse ne passe pas du tout. 

Donc c'est immoral de pouvoir jouer un Taliban qui cherche à tuer un soldat anglais.


Ok, on est en guerre contre les Talibans.

Je sais que dans Call of Duty, on ne peut pas jouer les allemands (enfin, il me semble, si je me trompe, n'hésitez pas…) Si c'était le cas, si on pouvait jouer l'armée allemande en plein milieu de la seconde guerre contre les alliés, est ce qu'il y aurait un tollé? Comment le prendraient les allemands? Est ce qu'ils seraient choqués qu'on puisse jouer à diriger vers la victoire les troupes nazies? 

 

Ok, les Talibans sont des terroristes fous furieux. 

Un paquet d'autres jeux ont pour héros des types qu'on devrait pas mettre en avant: le dernier Call of Duty a une mission solitaire où le joueur est un espion russe qui dézingue tout ce qui bouge, civils compris.

La mafia dans GTA ou Syndicats (mais butter des cyborgs ça passe), Hitman est un tueur à gages. 

Manhunt… j'y ai jamais joué et je ne l'ai jamais vu joué, mais sur internet, ce que j'en ai vu, c'est gore, l'histoire: un dangereux psychopathe condamné à mort, sorti de prison par un réalisateur de snuff movie qui le lâche dans une ville en pleine nuit traqué par d'autres psychopathes. 

Gunslinger girl, là ça va, il faut combattre le crime, sauf que l'agence qui travaille dans l'ombre n'est composée que de jeunes filles à peine pubères qu'on a lobotomisées et conditionnées, classe! 

Dites... on ne peut pas jouer les terroristes dans Counter Strike? mais oui mon capitaine!

 

Ok, les Talibans sont des terroristes furieux contre qui on est en guerre, aujourd'hui. Pour de vrai de vrai.

Les jeux servent à se défouler, à réguler l'agressivité, le trop plein d'énergie. Tuer dans un jeu vidéo reste encore tuer "pour de faux". Sortir du réel pour intégrer l'imaginaire, c'est très utile, c'est même carrément vital pour l'équilibre mental de l'être humain: on peut se laisser aller sans craindre le jugement ou la punition, sans craindre de faire souffrir quelqu'un aussi, on peut imaginer, fantasmer, évacuer. 

 

Le scénario d'un jeu doit-il être moral?

pas plus que celui d'un film, pas plus qu'un livre, pas plus une chanson...

 

Le nouveau Medal of honor sortira en France le 15 octobre, et si j'avais que ça à glander… et bien… waouh quand même!

 

Kahazara  

Publié dans BLESS THIS MESS

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