Conclusions présidentielles

Publié le par Jeunes femmes insolentes


Ce midi, le Président a fait une déclaration après le premier conseil des ministres post-électoral, et donne la tonalité de la politique gouvernementale pour la suite. Dans l'ensemble, il ne va pas retourner sa veste et même si de nombreuses réformes sarkoziennes me semblent être de graves erreurs, je dis "tant mieux". 
D'une part, s'il revient fondamentalement sur ce qu'il a entrepris, c'est qu'il n'y croit pas. C'est la première chose que je demande à un élu -évidemment que je ne serai pas d'accord en tout point avec lui, je ne peux pas être parfaitement au diapason avec qui que ce soit- je veux qu'il soit cohérent et qu'il fasse ce qu'il dit. Jusque là Sarkozy n'est pas le pire, en effet à ses yeux, un scrutin régional avait des conséquences nationales en 2005, mais pas en 2010; en effet pour lui "nous sommes la dernière génération à pouvoir agir sur la dégradation climatique" et maintenant "l'écologie, ça commence à bien faire"; etc, etc. Esbrouffe politicienne. 
Mais d'une manière globale, il est cohérent, il suit une ligne, un peu tête baissée, c'est vrai mais c'est de notre faute. Ne sommes-nous pas toujours en train de crier NON avant même d'avoir entrepris, testé, pensé, envisagé quelque chose? Sacrés français! Le passage en force est le seul moyen bien souvent, de tout simplement bouger, dans notre pays de grévistes, heu pardon, gueulards jamais contents. C'est pas pareil? sisisi il s'agit bien d'une spécificité de l'identité française, voilà un premier point de rassemblement concret autour de "l'identité nationale": l'art de la grève.
Mardi 23 mars 2010 a été une journée de grève soutenue
par tous les syndicats, dans toutes les branches professionnelles pour rejeter le projet de réforme des retraites. On serait totalement incapable d'expliquer cela à un étranger, mais ici, c'est tout à fait normal. La France s'est mise en grève en réaction à la réforme des retraites qui n'a pas eu lieu, sur laquelle on n'a pas encore discuté et dont on a besoin.
Bref le Président a considéré qu'il allait poursuivre son projet, celui pour lequel il a été élu. Il le rappelle ce midi: il a été élu pour sortir la France de son immobilisme. Je l'ai entendu à la radio et j'ai souri en pensant que la mobilisation des français immobiles provoque une grande mobilité entre les Invalides et Denfert-Rochereau.
De deux, je crois qu'
il faut essayer les choses pour les juger. Cela va au-delà des discours politiques. Peut être que Sarkozy est un communicant à la mode Voici, certainement que son style 'bling-bling" nuit à l'image de la fonction présidentielle et de la France entière à l'étranger, mais au moins, il a le mérite (oui j'insiste: le mérite) de faire pleinement ce qu'il dit qu'il va faire. Il ne faut pas pour autant s'entêter, quand quelque chose ne marche pas, il faut savoir s'arrêter (et non pas reculer) reconnaitre que ça n'a pas marché et chercher autre chose.
Or pour l'instant, et comme il le répétait ce midi, les réformes qu'il a entreprises ne peuvent pas encore être jugées, parce qu'il faut du temps de mise en place, et peut être, seulement peut être, parce que le contexte économique ralentit le processus.
Je partage néanmoins son avis sur le fait qu'il doit continuer sur sa voie. Même si, je me répète, je ne partage pas son avis sur toutes les décisions qu'il a prises.
Du coup, je ne comprends pas très bien pourquoi il recule sur les questions écolo comme la taxe carbone, qui était une idée ridicule à mon sens car elle n'aurait eu aucune chance et aucun sens à grande échelle. Mais il remet la taxe carbone entre les mains de l'UE. Elle n'aura pas de suite mais ce sera de la faute de l'UE. Je ne sais pas pourquoi il a choisi la stratégie "patate chaude". Est ce qu'il ne serait pas en train de vouloir donner du concret sur court terme en sachant pertinemment que toute politique écologique ne peut être que du long terme? Pourtant il me semble qu'il a le courage d'essuyer des critiques sur ces choix en gardant la foi dans les bénéfices sur le long terme.

Sur un tout autre sujet, connaissez vous le nouveau ministre de la fonction publique Georges Tron? Sarkozy lui le connait... Il est filou notre président, nous pourrions analyser ses choix concernant les gens qu'il place autour de lui et nous n'aurions plus besoin de lire L'art de la guerre ou Le Prince... Dans le genre "garde tes amis près de toi et tes ennemis encore plus près" il est un exemple. Tron est un fidèle de Villepin, ça on s'en fout, ce que je trouve remarquable c'est que Sarkozy n'est pas un rancunier, ou alors il pousse ses opposants à lui être redevables? Monsieur Tron
avait dénoncé les "ordres venant d'en haut" à propos de l'appel interjetté par le parquet contre la relaxe de Villepin dans le procès Clearstream et il n'y était pas allé de main morte.
Maintenant il a un ministère. Peut être que par ses propos, il s'est fait remarqué et que Sarkozy l'a trouvé brillant et le Président l'a encore dit aujourd'hui, la récompense du mérite, du travail... Tout ça lui tient tant à coeur... 


 Kahazara  
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