Courant 2009, un rapport est commandé par les Nations Unies, plus précisément son éminent Conseil des droits de l'Homme. C'est une belle assemblée composée de 14 sièges, dont l'un a été, quelques temps, occupé par un postérieur libyen grâce à un quasi plébiscite -155 voix- des 192
pays de l'ONU, mais suite à bulletin secret, cela va de soi. Ce rapport devait tirer au clair les décisions et les actions militaires
d'Israël lors de son offensive militaire appelée "Plomb durci".
Plomb Durci était une intervention de Tsahal dans la bande de Gaza dans l'objectif déclaré par Israël de mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas,
cette opération a particulièrement visé les "tunnels" de contrebande qui relient Gaza à l'Egypte. Elle a duré 20 jours, fin décembre 2008-début janvier 2009. Elle a été particulièrement
sanglante, bref la guerre, sale et violente, mais encore une guerre de basse intensité comme on dit, déséquilibrée et aux contours flous.
Le rapport résultait d'une enquête, celle-ci menée par l'ex juge sud-africain Monsieur Richard Goldstone.
C'est un grand homme qui justifie les atroces décisions de justice qu'il a rendu dans son pays sous apartheid, par "le système". On en a vu d'autres
qui ont utilisé cette excuse, pour un rapide rafraichissement de la mémoire, je vous renvoie aux minutes du procès de Nuremberg.
Revenons au rapport du même nom.
Dès l'offensive militaire israélienne et pendant l'enquête menée par M. Goldstone, la communauté internationale avait déjà condamné Israël pour
crimes de guerre, crimes contre l'humanité et pour sa volonté aberrante de vouloir se défendre/survivre. Inutile de revenir sur cette période, le rapport leur a donné raison.
En effet, en septembre 2009, Goldstone et son rapport ont été sans appel: Israël avait violé le droit international et commis des crimes de guerre
lors de l'opération Plomb Durci.
Sans vouloir remettre en cause une quelconque condamnation d'Israël, ceux qui à la lecture du texte nourrissaient quelques doutes sur les méthodes de
l'enquête, les conclusions tirées de certains éléments, ou la sincérité et l'impartialité de Goldstone, ne pouvaient soulever d'objections. Ils étaient immédiatement taxés d'ennemis de
l'humanité.
Le fait que Goldstone ait lui même laissé entendre son parti-pris avant la remise du rapport ne pouvait souffrir la moindre critique. Notamment, la
commande d'enquête à Goldstone par le Conseil des Droit de l'Homme de L'ONU, faisait suite à une recommandation du rapporteur pour les droits de l'homme, Monsieur Falk. Ce dernier
affirmait, sur Al Jazzeera le 12 janvier 2009, avant le début de l’enquête : « Les actions d’Israël sont suffisantes pour lancer des enquêtes sur
l’existence de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, à l’encontre d’individus mêlés à ces actes. Il faut déterminer l’intention criminelle ».
Je ne veux pas faire de mauvais esprit, je lis et je réfléchis: les membres de la commission Goldstone auraient-ils été choisis en raison de
leur position anti-israélienne?
Par exemple: Madame Christine Chinkin avait accusé Israël de crimes de guerre dans un journal londonien, avant même son entrée en fonction. Madame Francesca Marotta était la principale conférencière du Tribunal
Russel en Suisse.
Le rapport Goldstone a fait couler beaucoup d'encre pour rappeler que TOUT LE MONDE le disait depuis longtemps: Israël est un Etat criminel!
Et ceux qui n'avaient pas osé aller aussi loin, se sont rattrapés, après tout il y avait une caution dorénavant.
Voilà donc une résolution du Parlement Européen en mars 2010, qui préconise la mise en
oeuvre des recommandations Goldstone, en visant la Déclaration des Droits de l'Homme. Enfin, en visant certaines dispositions de la déclaration comme la liberté, la dignité humaine, l'état de
droit, mais aucune référence aux dispositions sur le juge impartial, les droits de la défense, le droit au tribunal...
Hélas, 18 mois plus tard, le rapport Goldstone bat de l'aile. Non pas qu'un détracteur se
ferait entendre, pensez-vous, quel poid aurait-il?
Monsieur Goldstone en personne ose une tribune dans le
Washington Post: "s'il avait su ce qu'il sait aujourd'hui, le rapport serait totalement différent"!!
Oups. Y'a de l'eau dans le gaz.
Il s'avère que Israël a mené plus de 400 enquêtes sur les actes qui ont conduit à des pertes humaines. Tiens donc, Israël est du genre à enquêter sur
son armée... Ca me rappelle un truc, écrit ici même... je vous laisse chercher... en juin 2010... Il s'avère que le Hamas n'a diligenté
aucune enquête sur les roquettes lancées sur des civils en Israël depuis Gaza, alors que "l'intention criminelle" ne fait aucun doute.
Goldstone regrette qu'Israël n'ait pas été très coopérative, mais je voudrais vous y voir, à répondre aux questions d'un juge qui vous a déjà
condamné... Mais il se félicite des nouveaux rapports qui tombent, plus approfondis, plus réfléchis, moins influencés.
Moi aussi, comme Goldstone, je crois en l'application du droit international, surtout, en juriste, comme Monsieur, je crois en l'application du droit
pour tout le monde, sans distinction, sans traitement de faveur et surtout sans pré-jugement. Vous allez trouver ça gratuit, mais tant pis, je vous rappelle que le droit international permet de
répondre militairement à une agression... Goldstone le sait: 8 ans de bombardement depuis Gaza sur des civils israéliens, et ce n'est pas fini.
Ce qui m'intéresse aujourd'hui, ce n'est pas que la figure publique de cet ignoble rapport, qui a surtout servi à apaiser certains dirigeants
politiques, concession dans des tractations diplomatiques inavouables, retourne sa veste.
Ce qui m'intéresse c'est l'avis et l'opinion bien assurés de tous ceux qui ont utilisé le rapport Goldstone pour laisser couler leur hargne. Toujours
dans l'instant, toujours dans l'émotion.
Ils étaient là alors
et maintenant ils sont où?
Kahazara
Votre inestimable contribution